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3 Octobre 2017 : Lancement de la Master-Class Jérôme Lejeune Science et éthique, des fondements à la pratique
Il y a 3 mois
3 Octobre 2017 : Lancement de la Master-Class Jérôme Lejeune Science et éthique, des fondements à la pratique

La rentrée de la première Master-class Science et Ethique des fondements à la pratique du Centre bioéthique Jérôme Lejeune est fixée au 3 octobre prochain. Une formation qui s’adressera de façon préférentielle à ceux que leur pratique confronte à d’épineuses questions sur le respect de la vie humaine. Aude Dugast, responsable de la formation, répond aux questions de Gènéthique.

Gènéthique : Vous créez pour la rentrée universitaire 2017, une Master-class Science et éthique, des fondements à la pratique. A qui s’adresse-t-elle ?

Aude Dugast : Nous ouvrons cette formation pour les jeunes médecins, les étudiants en médecine, les chercheurs, les scientifiques confrontés à des évolutions importantes au sein de leur métier. Ces évolutions les poussent aux frontières de questions morales très difficiles à évaluer et la Master Class Science et Ethique Jérôme Lejeune souhaite leur apporter les éléments anthropologiques et scientifiques nécessaires à l’exercice serein de leur métier.

La formation est aussi ouverte aux philosophes et juristes confrontés dans leur champ de réflexion aux bouleversements éthiques engendrés par l’évolution des techniques médicales ou scientifiques.

G : Que proposez-vous avec cette Master-Class Jérôme Lejeune ?

AD : La Master-Class veut offrir une formation d’expertise et personnalisée, à travers un cycle exigeant de 54 heures de cours, qui peut conduire à un certificat d’anthropologie. La Master-class dispense une formation à la croisée des différents niveaux de connaissance, théoriques ou pratiques, permettant d'ancrer sa réflexion aussi bien dans la connaissance des concepts anthropologiques nécessaires (réflexion sur la dignité humaine, le corps, l’humain et la personne, l’acte moral en bioéthique, les fondements de la bioéthique) que dans l’actualité des publications scientifiques les plus récentes, celles-là même qui réinterrogent l'éthique biomédicale (CrispR-cas9, thérapie germinale, critères de la mort, chimie synthétique, transhumanisme, etc.). La formation ne se réduit pas aux questions de début et de fin de vie, mais elle entend aborder l'ensemble des problématiques qui peuvent se poser au soignant (cf. programme). Enfin, en tant que Master-Class Jérôme Lejeune, nous offrons un module de formation sur la trisomie 21 (annonce, accueil, soin, …), sujet totalement absent des cursus habituels.

54h de formation c’est à la fois beaucoup et peu :nous irons à l’essentiel avec des modules qui se complètent et se répondent. Les enseignements donnés par des professeurs universitaires, des cliniciens et des experts juristes ou philosophes, seront enrichis des dernières publications scientifiques afin de permettre aux étudiants de pousser une réflexion qui pourra se poursuivre à travers des cas très pratiques.

G : Comment avez-vous établi le programme ?

AD : Nous avons étudié les cours qui sont donnés en médecine et nous nous sommes rendus compte que si la formation technique est très poussée -la médecine française est effectivement une des meilleures au monde - la formation éthique est succincte et essentiellement procédurale. L’idée était de combler ces lacunes en nourrissant la réflexion des étudiants. En quelque sorte, nous inviterons les étudiants à revisiter, par une morale fidèle au serment d’Hippocrate, l’enseignement technique de haut niveau qu’ils reçoivent.

G : Qu’est-ce qui a conduit la Fondation Lejeune à lancer cette Master-class ?

AD : Aujourd’hui, une nouvelle génération de jeunes médecins et d’étudiants en médecine émerge. Ils sont motivés et souhaitent s’engager au service des patients. Ils s’inquiètent des pressions dont ils pourraient être victimes pour les inciter à pratiquer des actes contraires à l’éthique biomédicale. Le Serment d'Hippocrate écrit 400 ans avant Jésus-Christ et que tout médecin prononçait jusqu’à récemment en France, est clair : « Je ne remettrai à personne du poison, si on m'en demande, ni ne prendrai l'initiative d'une pareille suggestion ; semblablement, je ne remettrai à aucune femme un pessaire abortif ». Ces jeunes désirent à la fois une grande expertise scientifique[...]

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Au Royaume-Uni, les infirmiers peuvent suivre une formation complémentaire de deux ans pour pouvoir pratiquer des actes chirurgicaux simples en bloc

Le National Health Service anglais (NHS) va promouvoir les "surgical care practitioners" (SCP), ces personnels infirmiers qui pouvaient déjà opérer sous le contrôle d'un chirurgien, mais en les autorisant cette fois à devenir autonomes et responsables de leurs actes. Après leur diplôme d'infirmiers en 3 ans, ces professionnels suivent un mastère de deux années supplémentaires.

Leur rôle est d'assurer toute la prise en charge de l'opéré depuis la consultation avant l'hospitalisation jusqu'à la surveillance postopératoire, la sortie du malade et les consultations de suivi. Ils placent les perfusions, réalisent eux-mêmes l'opération au bloc opératoire et prescrivent des médicaments.

Médicalement, la qualité des résultats obtenus par les "surgical car practitioners" a été évaluée identique à celle des chirurgiens. Ce partage de compétences permet de réserver aux chirurgiens le rôle de décision et d'action dans les cas complexes.

Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

Les pratiques avancées doivent se faire en master 2

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers, SNPI CFE-CGC, est fortement demandeur de la mise en place d'une pratique avancée en France. Dans 25 pays, 330.000 infirmières en pratique avancée peuvent disposer de telles compétences après deux années d'études supplémentaires validées par un Master. Toutes les études scientifiques ont prouvées l'intérêt de ce métier intermédiaire entre l'infirmière à Bac +3 et le médecin à bac +9 ou +12. L'exemple a été donné par les USA dans les années 1960, et il y a aujourd'hui 158.348 « infirmières praticiennes » et 59.242 « infirmières cliniciennes spécialisées », toutes titulaires d'un Master. En Europe, de l'Irlande à la Finlande, ces infirmières diplômées d'un Master peuvent prescrire des médicaments et assurer le suivi des patients chroniques.

Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, la solution réside dans une reconnaissance officielle et nationale de pratiques, avec une rémunération et une formation conséquentes : En France, le cadre légal de l'infir­mière de pra­ti­que avan­cée IPA est l'arti­cle 119 de la loi n° 2016-41 du 26 jan­vier 2016 de moder­ni­sa­tion de notre sys­tème de santé. Hélas, aucun texte d'application n'est paru, et les travaux n'ont même pas commencé (référentiel d'activité, de compétences, de formation, cadre statutaire et grille salariale), car des lobby font pression sur le ministère.

En particulier, les directeurs d'hôpitaux préfèrent pratiquer du "low cost", avec des "protocoles de coopération" pour régler des situations individuelles, sans les compétences acquises dans une formation cadrée nationalement. Avec les "coopérations", ce sont des compétences personnelles qui seront attribuées à des infirmières particulières pour faire des actes à la place des m[...]

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Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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