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Faut-il arrêter les soins prodigués à une femme enceinte en coma irréversible ?
Il y a 11 jours
Faut-il arrêter les soins prodigués à une femme enceinte en coma irréversible ?

Dans sa pratique, le médecin est souvent confronté à des situations qui le laissent démuni. Quelle décision prendre dans le respect des personnes sans démissionner ni tomber dans l’acharnement ?

Lors du Forum Européen de Bioéthique organisé à Strasbourg en janvier dernier, Catherine Rongières, gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg, a proposé une réflexion autour d’un « cas de conscience ». Gènéthique a repris cette proposition et interrogé Jeanne Toulas, pédiatre et Catherine Borella, philosophe, pour leur demander de réagir et de proposer quelques éléments de réflexion.

« Une femme âgée de 35 ans, enceinte de 27 semaines (environ 6 mois de grossesse)[1], arrive aux urgences pour vomissements, tuméfaction au visage et céphalées. Un diagnostic de méningite est posé, la patiente est transférée en réanimation. Suite à des convulsions elle perd connaissance (coma). L’infection est arrêtée mais à 31 semaines de grossesse, l’encéphalogramme de la mère est plat. L’enfant va bien mais le coma est irréversible. A ce stade, la famille (mari, parents, fratrie) demande l’arrêt thérapeutique des soins avec l’enfant in utero. Ils viennent voir l’équipe médicale avec un avocat pour appuyer leur demande. Situation extrêmement difficile pour l’équipe médicale… La mère est dans un coma irréversible, le fœtus est viable. Que faire : accepter la demande de la famille : arrêter les soins, sans réaliser une césarienne préalablement ?

Qui va pouvoir prendre cette décision ? Les médecins ? La famille ? Dans cette famille le mari (père du futur enfant) ? Les parents ? Un juriste ? Un comité d’éthique ? (Aucune personne de confiance n’a été nommée par la femme.)

Le fœtus n’est pas porteur d’une pathologie, la femme n’est pas en demande : cette situation est hors du cadre des interruptions médicales de grossesse. Le mari a-t-il le droit de décider de « quelque chose » par rapport à cet enfant ? « Mieux vaut-il vivre orphelin de mère ou mourir » ? Fœtus objet ou fœtus enfant ?

Remarques :

  • Si la décision avait dû être prise en urgence, l’équipe médicale aurait probablement procédé à une césarienne pour sauver l’enfant… sans « réflexion », sans avoir le temps de demander l’avis de la famille.
  • Même si quelqu’un avait décidé de débrancher la femme, aucun membre de l’équipe médicale n’acceptait de le faire.
  • L’équipe médicale évoque la possibilité d’abandonner l’enfant à la naissance et de le proposer à l’adoption. Elle estime que cette solution « donnerait une chance » à l’enfant.
  • Peu de temps après, la patiente a montré des signes de faiblesse, l’équipe médicale a réalisé une césarienne en urgence ; l’enfant a été accueilli par son père avec émotion, et vit aujourd’hui avec lui. Il a une dizaine d’années ».

Gènéthique : Dans cette situation, quelle issue vous semble possible ?

Jeanne Toulas : D’un point de vue médical, la solution est assez simple. Communément, on maintient en vie la Maman aussi longtemps que possible et quand sa santé se dégrade au point qu’on pressent qu’elle va mourir, si l’enfant est viable, l’équipe médicale pratique une césarienne pour sauver le bébé qui aura une chance de vivre. Ensuite, on regarde ce qu’il est possible de faire pour la Maman.

La question qui se pose est davantage d’ordre philosophique.

Catherine Borella : On voit vraiment dans cette situation à quel point les progrès technoscientifiques nous placent aujourd’hui, régulièrement, devant des choix inédits, et pour lesquels il n’existe pas vraiment de tradition qui nous éclairerait, qui nous orienterait avec sagesse vers un équilibre humainement acceptable.

G : Comment comprendre la réaction très tranchée de cet homme ?

JT : D’un point de vue humain, on peut comprendre que cet homme, qui vient de perdre sa femme et qui la voit « réduite à un utérus », ait pu refuser l’arrivée de ce bébé. Même si sa réaction pose un certain nombre de questions : pourquoi réagit-il de cette façon ? Est-il légitime de maintenir en vie la mère ? Sa demande renvoie à la question de savoir si c’est le désir de l’autre qui détermine qui est vivant ou qui est mort ? Dans ce contexte, est-ce qu’on a le droit de décider d’arrêter les soins pour le bébé ?

CB : Ce qui me semble important ici, c’est la façon dont les évènements se sont déroulés chronologiquement : la différence est marquante entre la réalité projetée et celle qui est effectivement vécue. Dans la situation projetée d’un enfant à venir avec une mère décédée, le père, la famille, disent non, et on comprend que la souffrance vécue par tous induise cette attitude. Une posture inaudible pour les médecins qui sont devant un choix indécidable face au drame que vit cet enfant orphelin de mère et dont la famille ne parvient plus à souhaiter la venue. On voit que tant qu’on raisonne sur une naissance future, à partir d’un enfant « potentiel », tout est compliqué, impossible ; mais quand brutalement, la réalité, l’urgence, entrent dans le champ d’action alors quelque chose se passe, et on sauve l’enfant. La réalité vécue n’a rien à voir avec la réalité projetée, on le voit très souvent. Quand elle advient, la situation a transformé puissamment la personne qui la vit. La réalité n’est plus superposable à ce qu’elle était avant, lorsque la personne ne f[...]

Genethique
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Je m'appelle Thibault, j'ai 28 ans et je vis en fauteuil roulant car je suis infirme moteur cérébral à 80% et atteint d'un handicap orphelin suite à un accident lors de ma naissance. Je vis chez mes parents mais dans la journée, je travaille dans un ESAT sur poste informatique à Strasbourg.

J'ai plusieurs passions : j'aime la vie, je tire à l'arc et je suis cavalier de l'équipe de France de para-dressage. Je suis 10 fois champion de France et vice-champion 2014 de dressage et je monte des chevaux de haut niveau ( ceux de la Garde Républicaine et ceux du Cadre Noir). J'ai été le sujet de deux documentaires qui racontent mon aventure avec les chevaux : "ma plus belle histoire" (2010) et "le défi de Thibault" (2012). Source : http://thibaultstoc.wixsite.com/thibault-stoclin.

Page face book : Stoclin Thibault cavalier de l'équipe de France de para-dressage


2 extraits :

https://www.youtube.com/watch ?v=Ism1m-sk1eo

Le défi de Thibault - Equidia Life


EXTRAIT - Ma plus belle histoire - Equidia Life https://youtu.be/FWFZeUv7oXU


Actualité :

​- 18 au 30 août : Championnat d'Europe à Göteborg (Suède) ​
- 9 au 13 novembre : Championnat de Fra[...]

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La survie des prématurés s'améliore mais des progrès restent à faire. Par Eric Favereau, Libération, 30 août 2017.

      • Extrait : « Un des premiers constats est l'amélioration de la survie de ces enfants, notamment des grands prématurés, nés autour du sixième et septième mois de la grossesse », a pu expliquer Pierre-Yves Ancel, médecin épidémiologiste de l'Inserm, qui a coordonné l'étude. La survie d'un enfant né autour du sixième mois est ainsi passée de 80% il y a 20 ans à plus de 90% aujourd'hui. « Le deuxième constat concerne le développement et le devenir de ces enfants à l'âge de 2 ans. On observe qu'ils sont moins de 10% à développer un handicap moteur, type infirmité motrice cérébrale. Ces handicaps moteurs ont été réduits de moitié en vingt ans. La survie s'est améliorée mais la survie sans séquelle grave aussi. »

- Étude publiée (anglais) : Neurodevelopmental outcome at 2 years for preterm children born at 22 to 34 weeks' gestation in France in 2011 : EPIPAGE-2 cohort study BMJ 2017 ; 358 doi : https://doi.org/10.1136/bmj.j3448 (Published 16 August 2017) Cite this as : BMJ 2017 ;358:j3448.


Ressources :

  • Un article de février 2015 : Des progrès encourageants dans la prise en charge des prématurés www.faire-face.fr
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