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Il y a 14 jours
La dermite associée à l’incontinence en 5 points clés

L'incontinence urinaire, fécale ou mixte est un facteur de risque important pour l'apparition d'altérations de la peau, principalement chez les sujets âgés fragiles, dépendants mais aussi hospitalisés en réanimation. La dermite liée à l'incontinence (DAI) peut alors survenir. Si le premier traitement est de la prévenir, il faut aussi savoir la catégoriser et la traiter lorsqu'elle s'installe. Explications.

La dermite associée à l’incontinence (DAI) : de quoi parle-t-on ?

Personne en fin de vie

Les populations les plus touchées par la dermite associée à l'incontinence sont notamment les sujets âgés fragiles et/ou dépendants.

Il s’agit d’une affection cutanée liée à l’exposition prolongée du périnée aux urines et/ou aux selles. Elle est définie par Gray1 comme une inflammation de l’épiderme accompagnée d’un érythème de la peau avec ou sans érosion, pouvant aller jusqu’à la dénudation de la peau. Sa prévalence varie selon les études de 5,6 à 50 %2 et son incidence de 3,4 % à 25 %2. Les populations les plus touchées sont les sujets âgés fragiles et/ou dépendants ainsi que les patients de réanimation, chez qui l’incontinence, urinaire, fécale ou mixte, est fréquente. L’incontinence toucherait 3 millions de personnes en France et plus de 60 % des résidents en institution. Cette prévalence atteindrait 90 % chez des sujets atteints de pathologie démentielle3.

Rappelons que la peau est un organe protecteur et une zone d’échanges et d’interface avec l’extérieur. Elle assure une triple protection :

  • chimique contre les irritants, les toxines ;
  • mécanique contre les frottements et l’humidité ;
  • biologique contre les bactéries et les champignons.

Lors d’une incontinence mixte, urinaire ou fécale, les effets délétères sur la peau s’additionnent. L’hyperhydratation de la couche superficielle de l’épiderme et la macération liées à l’incontinence, potentialisent la fragilité cutanée, l’impact des forces de frottement sur la peau et augmentent le coefficient de friction2. Plus les selles sont liquides, plus l’agression est forte. Les enzymes digestives contenues dans les selles détériorent le film lipidique et les membranes kératinocytaires et altèrent la barrière cutanée4.

Facteurs de risque de DAI5

  • Type d’incontinence
    • Incontinence fécale (selles liquides/selles moulées)
    • Incontinence urinaire
    • Incontinence mixte (fécale et urinaire)
  • Fréquence des épisodes d’incontinence
  • Utilisation de protections occlusives
  • Altération de la peau (liée à l’âge, au diabète, aux corticoïdes)
  • Troubles de la mobilité, immobilité
  • Troubles cognitifs
  • Impossibilité d’assurer sa propre hygiène
  • Dénutrition
  • Médicaments (antibiotiques, immunosuppresseurs, corticoïdes)
  • Douleur
  • Fièvre
  • Soins d’hygiène agressifs et répétés
  • DAI érosive
  • DAI extensive

DAI érosive et DAI extensive

Quelles présentations cliniques ?

La présentation caractéristique est un érythème qui évolue vers une dermite vernissée, rouge parfois squameuse, localisée sur les convexités. Elle débute chez l’homme, au niveau du scrotum et des fesses et, chez la femme, au niveau des grandes lèvres et des fesses en respectant les plis inguinaux. En l’absence de traitement, les lésions peuvent s’étendre à la partie inférieure de l’abdomen et aux faces antérieures et postérieures des cuisses. En cas de diarrhée, la région péri anale est touchée en premier puis la région sacrococcygienne, voire la face postérieure des cuisses dans les formes étendues. Dans les formes évoluées, l’atteinte érosive, avec mise à nu du derme, est étendue parfois hémorragique ou lichénifiée, prurigineuse. Certains patients décrivent des douleurs parfois importantes, des sensations de brulures, des picotements. Les lésions sont auto-entretenues et l’intensité de la DAI est fonction de l’irritant, de la durée et de la fréquence de l’exposition2, 5. Une surinfection mycotique survient souvent en quelques jours avec l’apparition d’une éruption érythémateuse, pustuleuse, à bords émiettés. La surinfection bactérienne est plus rare et se fait par des germes de la flore cutanée et digestive. Les lésions sont vésiculo-pustuleuses4.

DAI et escarre : pas si simple

Les éléments permettant de distinguer l’escarre de la DAI sont résumés ci-dessous :

DAI Escarres
Causes Incontinence urinaire et/ou
fécale
Exposition à pression,
friction, cisaillement
Symptômes Brulure, démangeaisons,
picotements
Douleur
Localisation Périnée, zone périgénitale,
fesses, pli interfessier, bas du
dos, haut des cuisses
En regard d’une proéminence
osseuse ou dispositif médical
Etendue/limites Diffus, mal limité, tacheté Bien limité
Aspect/profondeur Erythème blanchissant ou
non à la vitropression, avec
ou sans perte de substance,
superficielle ou plus
importante
De l’érythème persistant à la
perte de substance complète
Autres Surinfection fréquente
(candidose)
Ostéite possible

Source - D’après « Dermite associée à l’incontinence : faire progresser la prévention »2

Dai avec escarre

DAI avec escarre débutante du sacrum

Le point clé : la prévention

Le rôle des soignants est fondamental car une hygiène correcte permet souvent d’éviter la survenue d’une DAI. La triple action : nettoyer + hydrater + protéger est la base de la prévention. En parallèle, il faut prendre en charge l’incontinence. Quand une cause curable existe, le médecin sera sollicité. Les changes complets utilisés doivent être de qualité, absorbants, non irritants6. La fréquence des renouvellements est minimum de 3 fois par jour, voire plus en cas de diarrhée. Chez l’homme, l’utilisation de l’étui pénien est une bonne solution. La pose d’une sonde urinaire ne doit pas être systématique mais réfléchie en fonction de la balance bénéfice/risque.

La toilette du périnée se fait à l’eau claire en présence d’urines seules ou à l’eau et au savon neutre doux, surgras ou syndets (savon sans savon) en cas de selles. Le lavage est doux et précautionneux, sans frotter. Le rinçage est minutieux pour ne pas laisser de r[...]

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Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) représentent la deuxième cause de démences dégénératives chez les patients de moins de 65 ans, après la maladie d’Alzheimer. Comment définit-on une démence fronto-temporale ? Comment la diagnostique-t-on ? Quelles sont les prises en charge possibles ? Et quelles sont les dernières avancées sur ces pathologies ? Rencontre avec le Dr Isabelle Le Ber à l’occasion de la 3e journée française des démences fronto-temporales ce 27 Septembre, neurologue spécialiste des DFT au sein du centre de référence des démences rares à la Pitié-Salpêtrière et chercheuse à l’ICM.

Qu’est-ce qu’une DFT ?

Les dégénérescences fronto-temporales (encore appelées démences fronto-temporales) sont des maladies cognitives et comportementales apparentées à la maladie d’Alzheimer bien qu’elles soient beaucoup plus rares. Environ 6 à 10 000 patients sont atteints par cette pathologie en France. Elles sont dues à un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau, les régions frontales et temporales. Ces régions sont impliquées dans des fonctions aussi diverses que le comportement, en particulier le comportement social, la prise d’initiative, le contrôle des émotions, le langage etc… Le dysfonctionnement est lié à l’accumulation anormale de certaines protéines (TDP-43, Tau ou FUS) dans ces régions.

Les premiers symptômes apparaissent en général entre 50 et 65 ans. La maladie se manifeste par des troubles du comportement, comme une apathie progressive, une perte d’intérêt, un repli social ou encore une désinhibition. On observe également des troubles du contrôle des émotions, des conduites alimentaires –les patients mangent de façon gloutonne et précipitée- et des troubles du langage. On distingue plusieurs formes cliniques de la maladie selon qu’elle débute par des troubles comportementaux ou par des troubles du langage.

Comment les diagnostique-t-on ?

La DFT est d’abord suspectée grâce au témoignage des proches qui rapportent des modifications récentes du comportement d’un patient, un changement de sa personnalité ou des difficultés de langage. Des examens complémentaires permettent alors de confirmer le diagnostic de DFT. Tout d’abord les tests neuropsychologiques, qui permettent d’évaluer les capacités de raisonnement, de jugement, d’attention ou encore la mémoire des patients. Des examens d’imagerie cérébrale, tels que l’IRM ou le TEP, mettent en évidence une atteinte ou un dysfonctionnement des régions frontales et temporales. Des examens biologiques, une ponction lombaire ou un électroencéphalogramme permettent d’exclure d’autres pathologies qui pourraient présenter des symptômes communs. Enfin, les formes génétiques ne sont pas fréquentes, 30 % des cas environ, mais une consultation et une analyse génétique peuvent être proposées si l’histoire familiale le justifie. Trois gènes sont plus fréquemment impliqués et analysés (C9Orf72, PGRN, MAPT).

L’un des objectifs importants des recherches menées à l’ICM et à l’IM2A est d’améliorer le diagnostic des patients pour détecter la maladie plus précocement et limiter l’errance diagnostique. Ainsi, un test évaluant l’empathie, l’un des symptômes phare de la maladie, a été développé récemment à l’IM2A et à l’ICM en collaboration avec une équipe internationale. Il permet de mieux différencier les DFT et la maladie d’Alzheimer, encore trop souvent confondues. A terme, il pourrait devenir l’un des examens diagnostiques de référence pour cette pathologie.

Voir aussi : DÉMENCES OU ALZHEIMER : UN TEST SIMPLE POURRAIT LES DIFFÉRENCIER

Comment les patients sont-ils pris en charge ?

La prise en charge des patients doit être pluridisciplinaire par une équipe spécialisée dans un centre expert. Elle fait intervenir un neurologue mais aussi des neuropsychologues, des orthophonistes et des psychologues cliniciens. Nous pouvons ainsi mieux évaluer les troubles et besoins du patient, le retentissement familial et social, assurer une prise en charge optimale et adapter les traitements et les aides sociales selon le stade de la maladie.

L’impact de cette maladie sur la vie sociale, professionnelle et familiale est important. L’aspect social et psychologique, la formation des aidants familiaux à la maladie, sont aussi un volet majeur de la prise en charge. Le soutien des patients et aidants familiaux par les associations de patients dédiées à cette pathologie, en particulier l’association France-DFT, est également crucial.

Quels sont les traitements disponibles actuellement ?

A l’heure actuelle, les traitements proposés sont uniquement symptomatiques. Certains traitements, par exemple certains antidépresseurs, permettent d’améliorer les troubles du comportement. Le traitement médicamenteux peut être complété par une prise en charge orthophonique ou en accueil de jou[...]

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