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Il y a 12 jours
Levothyrox® : les experts médicaux appellent à la sérénité
Alors que les effets secondaires du Levothyrox® nouvelle formule alarment les patients et créent une vaste polémique, la communauté scientifique en appelle à une analyse sereine et fait part de ses recommandations et suggestions dans un communiqué daté du 11 septembre, co-signé par les sociétés savantes et les chercheurs* diffusé. Décryptant la situation, les spécialistes prennent leur place dans ce débat, faisant oeuvre de pédagogie. Ils interviennent pour éclaircir une situation devenue confuse où "l’inquiétude légitime, le mécontentement voire la colère face à une communication, peut-être imparfaite, doivent être distingués des réels problèmes médicaux".

Pourquoi une nouvelle formule ?

L’hormone thyroïdienne est prescrite à de nombreux patients, parfois dès le début de la vie et le plus souvent jusqu’à la fin de celle-ci. Ce traitement ne doit pas être interrompu sauf sur avis médical. Le traitement prescrit est la même hormone que celle qui est produite par la glande thyroïde. Ainsi, les seuls effets secondaires attendus de la thyroxine sont ceux d’un dosage inapproprié : une dose trop importante ou trop faible. La thyroxine, comme les autres principes actifs dans d’autres médicaments, est associée à des excipients. Ces excipients sont supposés n’avoir pas ou peu d’action propre, à la fois par leur nature et en raison de leur concentration faible. L’ANSM a demandé la modification des excipients du Lévothyrox®, pour assurer une meilleure stabilité du principe actif. Ce procédé n’est pas exceptionnel : un certain nombre de médicaments subissent ainsi, au cours de leur « vie », des modifications de procédés de fabrication avec l’approbation des autorités de régulation. Le lactose, un excipient auquel certains patients sont intolérants, a été supprimé et remplacé par du mannitol à très faible concentration et de l’acide citrique anhydre La pratique nous a appris qu’une variation, même modeste, de la dose absorbée par le tube digestif pour une même dose ingérée peut aboutir à un déséquilibre hormonal et à des symptômes. Ces symptômes, comme ceux de l’hypothyroïdie et de l’hyperthyroïdie, sont peu spécifiques, parfois ressentis au cours d’autres maladies, mais indéniablement réels. Les sociétés savantes ont été informées de la réalisation d’une étude de bioéquivalence réalisée chez le sujet sain (plus de 200 sujets), pour s’assurer que l’absorption du médicament est équivalente. La bioéquivalence des deux formules de Levothyrox®, l’ancienne et la nouvelle, a été jugée correcte par les autorités compétentes et a entrainé l’autorisation de la nouvelle formule. En résumé, l’industriel a travaillé à améliorer la stabilité du médicament, et vérifié la bioéquivalence et a répondu à la demande de l’ANSM.

De nouveaux excipients dans la formule actuelle : le mannitol et l’acide citrique

Ces excipients sont présents dans d’autres médicaments, et certains produits alimentaires de consommation courante. Ils sont utilisés, ici, à des doses sans effet notoire. C’est-à-dire que les doses utilisées, sont inférieures aux doses provoquant des effets indésirables. Au-delà de l’effet thérapeutique recherché, l’administration d’un médicament induit souvent des effets inattendus. Par exemple l’administration de « faux » médicaments, constitués de seuls excipients peut avoir un effet bénéfique sur certaines manifestations d’une maladie. C’est ce que l’on appelle l’effet Placebo : cet effet oblige dans de nombreux essais thérapeutiques, à comparer la molécule active à un « faux » médicament, pour démontrer sans ambigüité que le médicament « fait mieux » que le « faux médicament ». Il arrive également que le « faux » médicament induise des effets indésirables, parfois ceux-là mêmes décrits avec le vrai médicament. C’est ce que l’on appelle l’effet Nocebo. Il est pris en compte pour analyser correctement la balance bénéfice-risque ou avantage-inconvénient d’un médicament, tout comme l’effet Placebo. La constatation des effets Placebo et Nocebo, n’indique pas que le malade est un malade imaginaire ou angoissé. Le patient, ou le sujet sain qui participe à un essai thérapeutique ressent, dans son corps, les symptômes ou les améliorations qu’il rapporte. Prendre en compte cela est essentiel, ce n’est pas nier le symptôme, c’est prendre en charge le patient dans sa globalité somatique et psychique. Le corps souffrant s’exprime aussi par l’esprit et l’esprit par le corps.

Cependant, la question des patients persiste : la nouvelle formule a-t-elle été correctement évaluée en terme de tolérance à long terme ?

L’étude de bioéquivalence, avec une forte dose de Levothyrox®, et donc d’excipient, ne r[...]
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Les Rencontres des Jeunes Chercheur.e.s en Études Africaines (JCEA) ont vocation à réunir des jeunes chercheur.e.s et docteur.e.s travaillant sur des terrains africains ou liés, historiquement, géographiquement ou politiquement, au continent. En proposant un vaste état des lieux des travaux des jeunes chercheur.e.s, les JCEA invitent à dépasser les barrières disciplinaires, afin de décrire l’histoire complexe, ancienne et contemporaine, des Afriques. Elles entendent constituer un lieu d’échanges et de débats rassemblant les jeunes chercheur.e.s. Les Rencontres 2018 sont marquées par une double ouverture, manifeste dans leur choix d’analyser « les Afriques ». D’une part, se tenant à Marseille, ville carrefour et porte d’entrée sur la Méditerranée, elles réaffirment la nécessité de faire dialoguer les recherches portant sur l’Afrique du Nord, en allant du Maroc à l’Égypte, et l’Afrique sub-saharienne et insulaire. Elles s’interrogent sur les modalités du « grand partage » historique et épistémologique qui a conduit à diviser le continent en deux aires culturelles supposées étanches. Si les Rencontres conçoivent l’Afrique dans son unité géographique, elles veulent, d’autre part, rassembler les jeunes chercheur.e.s travaillant autant sur le continent que sur les groupes et les sociétés qui, bien qu’exilés sur d’autres terres du fait de la Traite, de[...]

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Les dégénérescences fronto-temporales (DFT) représentent la deuxième cause de démences dégénératives chez les patients de moins de 65 ans, après la maladie d’Alzheimer. Comment définit-on une démence fronto-temporale ? Comment la diagnostique-t-on ? Quelles sont les prises en charge possibles ? Et quelles sont les dernières avancées sur ces pathologies ? Rencontre avec le Dr Isabelle Le Ber à l’occasion de la 3e journée française des démences fronto-temporales ce 27 Septembre, neurologue spécialiste des DFT au sein du centre de référence des démences rares à la Pitié-Salpêtrière et chercheuse à l’ICM.

Qu’est-ce qu’une DFT ?

Les dégénérescences fronto-temporales (encore appelées démences fronto-temporales) sont des maladies cognitives et comportementales apparentées à la maladie d’Alzheimer bien qu’elles soient beaucoup plus rares. Environ 6 à 10 000 patients sont atteints par cette pathologie en France. Elles sont dues à un dysfonctionnement de certaines régions du cerveau, les régions frontales et temporales. Ces régions sont impliquées dans des fonctions aussi diverses que le comportement, en particulier le comportement social, la prise d’initiative, le contrôle des émotions, le langage etc… Le dysfonctionnement est lié à l’accumulation anormale de certaines protéines (TDP-43, Tau ou FUS) dans ces régions.

Les premiers symptômes apparaissent en général entre 50 et 65 ans. La maladie se manifeste par des troubles du comportement, comme une apathie progressive, une perte d’intérêt, un repli social ou encore une désinhibition. On observe également des troubles du contrôle des émotions, des conduites alimentaires –les patients mangent de façon gloutonne et précipitée- et des troubles du langage. On distingue plusieurs formes cliniques de la maladie selon qu’elle débute par des troubles comportementaux ou par des troubles du langage.

Comment les diagnostique-t-on ?

La DFT est d’abord suspectée grâce au témoignage des proches qui rapportent des modifications récentes du comportement d’un patient, un changement de sa personnalité ou des difficultés de langage. Des examens complémentaires permettent alors de confirmer le diagnostic de DFT. Tout d’abord les tests neuropsychologiques, qui permettent d’évaluer les capacités de raisonnement, de jugement, d’attention ou encore la mémoire des patients. Des examens d’imagerie cérébrale, tels que l’IRM ou le TEP, mettent en évidence une atteinte ou un dysfonctionnement des régions frontales et temporales. Des examens biologiques, une ponction lombaire ou un électroencéphalogramme permettent d’exclure d’autres pathologies qui pourraient présenter des symptômes communs. Enfin, les formes génétiques ne sont pas fréquentes, 30 % des cas environ, mais une consultation et une analyse génétique peuvent être proposées si l’histoire familiale le justifie. Trois gènes sont plus fréquemment impliqués et analysés (C9Orf72, PGRN, MAPT).

L’un des objectifs importants des recherches menées à l’ICM et à l’IM2A est d’améliorer le diagnostic des patients pour détecter la maladie plus précocement et limiter l’errance diagnostique. Ainsi, un test évaluant l’empathie, l’un des symptômes phare de la maladie, a été développé récemment à l’IM2A et à l’ICM en collaboration avec une équipe internationale. Il permet de mieux différencier les DFT et la maladie d’Alzheimer, encore trop souvent confondues. A terme, il pourrait devenir l’un des examens diagnostiques de référence pour cette pathologie.

Voir aussi : DÉMENCES OU ALZHEIMER : UN TEST SIMPLE POURRAIT LES DIFFÉRENCIER

Comment les patients sont-ils pris en charge ?

La prise en charge des patients doit être pluridisciplinaire par une équipe spécialisée dans un centre expert. Elle fait intervenir un neurologue mais aussi des neuropsychologues, des orthophonistes et des psychologues cliniciens. Nous pouvons ainsi mieux évaluer les troubles et besoins du patient, le retentissement familial et social, assurer une prise en charge optimale et adapter les traitements et les aides sociales selon le stade de la maladie.

L’impact de cette maladie sur la vie sociale, professionnelle et familiale est important. L’aspect social et psychologique, la formation des aidants familiaux à la maladie, sont aussi un volet majeur de la prise en charge. Le soutien des patients et aidants familiaux par les associations de patients dédiées à cette pathologie, en particulier l’association France-DFT, est également crucial.

Quels sont les traitements disponibles actuellement ?

A l’heure actuelle, les traitements proposés sont uniquement symptomatiques. Certains traitements, par exemple certains antidépresseurs, permettent d’améliorer les troubles du comportement. Le traitement médicamenteux peut être complété par une prise en charge orthophonique ou en accueil de jou[...]

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