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Il y a 1 années
L'Exposition universelle de Milan ébranlera-t-elle la domination du low-cost alimentaire ?
Ce premier mai s'ouvre, à Milan, l'Exposition universelle dont le thème est Nourrir la Planète, Energie pour la vie. La Belgique y gère un pavillon dont la qualité est unanimement soulignée [1]. La créativité y sera à l'honneur. Cette Exposition universelle, déjà qualifiée de « grand projet inutile » et « vaste opération de greenwashing » par certains [2] permettra-t-elle de relever le défi alimentaire aujourd'hui mondial, dont l'une des plus grande plaie est la nourriture low-cost ? Rappel des défis en la matière.

L'obésité ne cesse de gagner du terrain

Une étude particulièrement inquiétante sur la progression de l'obésité et du surpoids dans le monde a été publiée l'an passé par La revue médicale The Lancet. Cent cinquante chercheurs se sont penchés sur le fléau et ont rassemblé un ensemble impressionnant de données couvrant 188 pays. Les tendances sont sans appel : l'obésité et le surpoids sont devenus un véritable fléau sanitaire, en progression constante : +28% chez les adultes et +47% chez les enfants, sur une période de 30 ans. On passe ainsi, toutes nationalités confondues de 857 millions d'individus en 1980 à 2,1 milliards en 2013… Si ce problème de santé touche préférentiellement les pays développés, on doit s'inquiéter d'une progression rapide dans les pays émergents dont des géants comme la Chine, l'Inde, le Brésil… mais aussi dans tout le moyen orient. Si dans les pays développés se sont les hommes qui sont le plus touchés, dans les pays en développement se sont surtout les femmes. Enfin, et c'est un des constats les plus alarmant, les jeunes sont largement concernés. Un jeune sur 4 dans les pays riches et 1 sur 8 dans les pays en développement sont obèses ou en surpoids (Voir aussi : Les jeunes et l'obésité : une question d'habitude de vie). Et les auteurs de constater, au terme de leur analyse qu'« aucun pays n'a réellement réussi à faire reculer l'obésité depuis 30 ans ». Et la chose ne devrait pas s'améliorer rapidement : une étude récente [3] prédit une augmentation du surpoids et de l'obésité chez les hommes et les femmes dans presque tous les pays d'Europe d'ici à 2030

Olivier De Schutter, rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, ne disait pas autre chose dans un communiqué : « Cela fait deux ans que j'ai publié mon rapport sur la nutrition et le droit à l'alimentation et dix ans que l'Organisation mondiale de la santé a lancé sa stratégie mondiale pour l'alimentation, l'exercice physique et la santé. Pourtant, l'obésité ne cesse de gagner du terrain ainsi que le diabète, les maladies cardiovasculaires et d'autres complications de santé qui les accompagnent. Les mises en garde n'ont pas été entendues ». (voir aussi : O. De Schutter : « la politique de lutte contre la faim est un échec », et « Olivier De Schutter n'est pas un hurluberlu ! ») Mais il ne jette pas l'éponge et vient d'annoncer qu'il contribue à mettre place un groupe international d'experts, calqué sur le modèle du GIEC (climat). Ce panel, appelé IPES-Food, ambitionne de jeter des ponts entre la communauté scientifique et les décideurs, afin de construire des systèmes alimentaires alternatifs.

La FAO a estimé le coût économique d'une alimentation mal équilibrée à « 5% du PIB mondial, soit 3.500 milliards de dollars par an ou 500 dollars par personne » du fait de la perte de productivité et des dépenses de santé.

L'OMS, enfin, ne cesse de tirer la sonnette d'alarme sur la quantité excessive de sucre consommée tant par les enfants que par les adultes.

Nourriture low cost, un facteur majeur

Un éclairage différent et complémentaire à ces données est apporté par deux chercheurs dont l'étude [4] démontre que le fait que les Américains disposent de la nourriture la moins chère de l'histoire a joué un rôle prépondérant dans le développement de l'obésité. S'intéressant aux facteurs économiques liés à l'épidémie d'obésité au Etats-Unis, les deux scientifiques en sont arrivés à la conclusion que l'item le plus lié à ce trouble serait le faible coût de l'alimentation. Et de fait, en moyenne et par rapport aux revenus disponibles, les Occidentaux dépensent moins pour l'alimentation qu'aucune autre société dans l'histoire ou dans le monde. Par exemple en Belgique, la part du budget des ménages consacrés à l'alimentation en 1978 était de 22,2% mais est aujourd'hui inférieure à 15%.

Que peut-on peut acheter en dépensant toujours moins ? Des produits « premiers prix » qui sont souvent des produits caloriques et glycémiques (produits de boulangeries à base de farines raffinées, plats préparés, sodas…) de très piètre qualité. (Voir par exemple : La Cour des comptes préoccupée par les produits alimentaires « premiers prix ») ou : Viande : au nom du fric ! ou encore : Viande et antibiotique, Le scandale alimentaire qui s'annonce, ou enfin : La nourriture du futur que nous concocte l'industrie agroalimentaire)

D'après des chercheurs de Harvard, en moyenne, un régime basé sur des aliments sains est de fait plus cher de 1,10 € par jour et par personne. C'est la différence entre un régime de type méditerranéen, riche en fruits, légumes, poissons et noix et un régime bien moins sain, riche en charcuteries, viandes et céréales raffinées. Cette différence peut paraître minime, mais représente tout de même plus ou moins 400 euros par an. Les familles dont les revenus sont faibles sont donc particulièrement concernées, différentes études ayant par ailleurs montré que cette frange de la population rencontre fréquemment des problèmes d'obésité (voir : L'obésité, une « maladie de civilisation » qui affecte les plus pauvres). Cette différence correspond aux coûts sociétaux mentionnés plus haut (500 dollars/pers/an, soit 370 euros), ce qui devrait attirer l'attention des autorités publiques…

La Junk food, une drogue…

Consommer de la drogue « dure » ou ingérer de la « Junk Food » (ou malbouffe, soit des aliments essentiellement constitués de « mauvaises graisses » et de sucres rapides (très raffinés) provoqueraient la même dépendance et conduiraient l'une à la toxicomanie et l'autre à l'obésité. C'est ce qu'on mit en évidence Johnson et Kenny, de l'Institut de recherche Scripps à Jupiter, Floride (Californie), qui ont démontré, en se concentrant sur un récepteur particulier du cerveau connu pour jouer un rôle important dans la vulnérabilité à la toxicomanie et à l'obésité - le récepteur D2 qui répond à la dopamine, que la surconsommation d'aliments déclenche la dépendance dans les circuits de récompense du cerveau, entraînant le développement d'une consommation compulsive de nourriture. Les mêmes mécanismes sont communs à l'obésité et la toxicomanie [5].

L'industrie agro-alimentaire, l'obstacle à contourner

Cette nourriture de qualité médiocre - voire pire - est à 100% issue d'une chaîne de production (de la graine à l'assiette en passant par la transformation et le supermarché) entièrement aux mains de quelques sociétés multinationales. Il s'agit essentiellement d'industries chimiques, de sociétés de biotechnologie et de géants du trading. Une dizaine de firmes monopolisent le marché du vivant (les semences), qui est, d'une part, dramatiquement appauvri (75% de la biodiversité cultivée a disparu au cours du 20è siècle) et, par ailleurs, quasi-totalement privatisé ; 4 banques, via leurs activités de trading se partagent 75% du négoce mondial de céréales. (Voir, pour plus de détails, par exemple : Industrie chimique, sociétés de biotechnologies et géants du trading contrôlent la chaîne alimentaire mondiale, ou Les banques spéculent sur les matières premières et les aliments, L'agrochimie se régale des aléas climatiques et de la spéculation sur les matières premières alimentaires). L'accaparement des terres par quelques sociétés de ce type devient également un problème qui prend aujourd'hui un ampleur inédite. (voir : Accaparement des terres : demain, à qui appartiendra la planète ?). Fait marquant, le « rendement » de ces sociétés est particulièrement faible et inversement proportionnel aux dégâts occasionnés et aux consommations hallucinantes d'énergie et d'eau gaspillées. Cet état de fait est depuis de nombreuses années dénoncé par des associations (Oxfam, sos faim, CNCD, CADTM…), dénonciation qui vise essentiellement à promouvoir la souveraineté alimentaire et la promotion d'une agriculture paysanne au service de la santé de population. Mais, souvent avec la complicité des gouvernements, l'emprise des ces sociétés est très forte, laquelle s'appuie sur un lobbying intense dans tous les secteurs de la société. Il est par exemple édifiant de constater à quel point l'industrie alimentaire, soutenue par les politiques, s'invite dans le système éducatif pour manipuler, dès le plus tendre âge, les futurs consommateurs. (voir : L'industrie du sucre éduquera la jeunesse française à une alimentation saine et équilibrée !! et Le lobby du sucre ou Sodas à l'école : l'obésité va s'installer durablement !). L'emprise de ces sociétés peut également être appréciée à l'aune de la lourde résistance des secteurs agricoles qui vont jusqu'à s'imposer une omerta que même la maladie et la mort dans leurs rangs ne parviennent pas à briser.

En ce qui concerne la Wallonie, nous sommes conscients que le secteur agroalimentaire est le second employeur wallon, que dans le cadre du plan Marshall, le pôle Walagrim a été crée pour renforcer la compétitivité du secteur et que dans les axes stratégiques définis par les industriels, il est fait état d'aliments « santé », de technologie douce, de bio-emballages et de filières durables. Mais quels moyens s'est donné la Wallonie pour vérifier que l'aide qu'elle met à disposition d'un secteur dont on se demande s'il en avait vraiment besoin est utilisée dans un autre objectif que celui d'assurer une sacro-sainte compétitivité ? Quelle inflexion réelle a-t-elle pu donner qui orienterait les pratiques dans le sens des recommandations élémentaires des experts de l'obésité ou du diabète ? Enfin, vu l'importance du secteur, quelles marges de manoeuvre osera-t-elle se donner pour définir des politiques plus fermes qui contraindraient le secteur à bannir des substances ou des pratiques qui favoriseraient des comportements nocifs pour la santé ?

Quelles mesures ? Quelles alternatives ?

Les constats sont là, interpellants. Tous les acteurs concernés sont à même de prendre le problème à bras le corps, mais, nous l'avons souligné, certains sont puissants et par ailleurs, les résistances sont farouches. L'application par nos gouvernements des quelques mesures préconisées par l'ONU pour lutter contre ce fléau seraient un élémentaire premier pas :

- une taxe sur les produits néfastes pour la santé ;
- la réglementation des aliments riches en graisse saturée, en sel et en sucre ;
- la restriction des publicités pour la malbouffe (on ajoutera ici : suppression des distributeurs de soda dans les écoles) ;
- une révision des subventions agricoles peu judicieuses.

Un cran plus loin :
- une modification radicale de notre système agricole en prenant en compte notamment les apports de l'agroécologie (voir aussi : L'agroécologie, une piste pour la Wallonie !, Agriculture et environnement : l'inaction politique creuse le fossé ! mais également « Agroécologie et droit à l'alimentation »),
- un soutien sans faille à la souveraineté alimentaire ;
- le développement de politique qui favorise la réappropriation par les citoyens du système alimentaire à l'échelle locale, notamment grâce au développement de filières courtes.
-

La fédération Inter-Environnement Wallonie s'est récemment penchée sur cette question et a réalisé une position : Repenser notre agriculture et notre alimentation. Elle gère par ailleurs le RAWAD (Réseau des acteurs wallons pour une alimentation durable) qui est un réseau d'acteurs impliqués dans l'alimentation durable. Plusieurs groupes de travail thématiques explorent différents aspects de l'alimentation durable : relocalisation des protéines pour le bétail, accessibilité sociale à l'alimentation, circu[...]

Santé Environnement
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Il y a 15 jours
SNPI

Au Royaume-Uni, les infirmiers peuvent suivre une formation complémentaire de deux ans pour pouvoir pratiquer des actes chirurgicaux simples en bloc

Le National Health Service anglais (NHS) va promouvoir les "surgical care practitioners" (SCP), ces personnels infirmiers qui pouvaient déjà opérer sous le contrôle d'un chirurgien, mais en les autorisant cette fois à devenir autonomes et responsables de leurs actes. Après leur diplôme d'infirmiers en 3 ans, ces professionnels suivent un mastère de deux années supplémentaires.

Leur rôle est d'assurer toute la prise en charge de l'opéré depuis la consultation avant l'hospitalisation jusqu'à la surveillance postopératoire, la sortie du malade et les consultations de suivi. Ils placent les perfusions, réalisent eux-mêmes l'opération au bloc opératoire et prescrivent des médicaments.

Médicalement, la qualité des résultats obtenus par les "surgical car practitioners" a été évaluée identique à celle des chirurgiens. Ce partage de compétences permet de réserver aux chirurgiens le rôle de décision et d'action dans les cas complexes.

Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

Les pratiques avancées doivent se faire en master 2

Le Syndicat National des Professionnels Infirmiers, SNPI CFE-CGC, est fortement demandeur de la mise en place d'une pratique avancée en France. Dans 25 pays, 330.000 infirmières en pratique avancée peuvent disposer de telles compétences après deux années d'études supplémentaires validées par un Master. Toutes les études scientifiques ont prouvées l'intérêt de ce métier intermédiaire entre l'infirmière à Bac +3 et le médecin à bac +9 ou +12. L'exemple a été donné par les USA dans les années 1960, et il y a aujourd'hui 158.348 « infirmières praticiennes » et 59.242 « infirmières cliniciennes spécialisées », toutes titulaires d'un Master. En Europe, de l'Irlande à la Finlande, ces infirmières diplômées d'un Master peuvent prescrire des médicaments et assurer le suivi des patients chroniques.

Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, la solution réside dans une reconnaissance officielle et nationale de pratiques, avec une rémunération et une formation conséquentes : En France, le cadre légal de l'infir­mière de pra­ti­que avan­cée IPA est l'arti­cle 119 de la loi n° 2016-41 du 26 jan­vier 2016 de moder­ni­sa­tion de notre sys­tème de santé. Hélas, aucun texte d'application n'est paru, et les travaux n'ont même pas commencé (référentiel d'activité, de compétences, de formation, cadre statutaire et grille salariale), car des lobby font pression sur le ministère.

En particulier, les directeurs d'hôpitaux préfèrent pratiquer du "low cost", avec des "protocoles de coopération" pour régler des situations individuelles, sans les compétences acquises dans une formation cadrée nationalement. Avec les "coopérations", ce sont des compétences personnelles qui seront attribuées à des infirmières particulières pour faire des actes à la place des m[...]

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Médicalement, la qualité des résultats obtenus par les "surgical car practitioners" a été évaluée identique à celle des chirurgiens. Ce partage de compétences permet de réserver aux chirurgiens le rôle de décision et d'action dans les cas complexes.

Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, la solution réside dans une reconnaissance officielle et nationale de pratiques, avec une rémunération et une formation conséquentes : En France, le cadre légal de l'infir­mière de pra­ti­que avan­cée IPA est l'arti­cle 119 de la loi n° 2016-41 du 26 jan­vier 2016 de moder­ni­sa­tion de notre sys­tème de santé. Hélas, aucun texte d'application n'est paru, et les travaux n'ont même pas commencé (référentiel d'activité, de compétences, de formation, cadre statutaire et grille salariale), car des lobby font pression sur le ministère.

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Leur rôle est d'assurer toute la prise en charge de l'opéré depuis la consultation avant l'hospitalisation jusqu'à la surveillance postopératoire, la sortie du malade et les consultations de suivi. Ils placent les perfusions, réalisent eux-mêmes l'opération au bloc opératoire et prescrivent des médicaments.

Médicalement, la qualité des résultats obtenus par les "surgical car practitioners" a été évaluée identique à celle des chirurgiens. Ce partage de compétences permet de réserver aux chirurgiens le rôle de décision et d'action dans les cas complexes.

Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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Pour Thierry Amouroux, le Secrétaire Général du SNPI CFE-CGC, la solution réside dans une reconnaissance officielle et nationale de pratiques, avec une rémunération et une formation conséquentes : En France, le cadre légal de l'infir­mière de pra­ti­que avan­cée IPA est l'arti­cle 119 de la loi n° 2016-41 du 26 jan­vier 2016 de moder­ni­sa­tion de notre sys­tème de santé. Hélas, aucun texte d'application n'est paru, et les travaux n'ont même pas commencé (référentiel d'activité, de compétences, de formation, cadre statutaire et grille salariale), car des lobby font pression sur le ministère.

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Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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Médicalement, la qualité des résultats obtenus par les "surgical car practitioners" a été évaluée identique à celle des chirurgiens. Ce partage de compétences permet de réserver aux chirurgiens le rôle de décision et d'action dans les cas complexes.

Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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Source https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/030624407349-vers-la-fin-des-chirurgiens-2117980.php#HJ0bMBXv4XLy5bz8.99

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