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Il y a 17 jours
Quand le détail conditionne l’Art Infirmier

Qui d’entre nous n’a pas eu ce sentiment d’une pensée soignante confisquée ? Et si notre pensée professionnelle trainait de vieilles casseroles devenues un peu graisseuses d’une cuisine professionnelle traditionnelle surannée ? De la même façon, la cuisine traditionnelle a évolué vers la cuisine gastronomique puis vers des concepts moléculaires, le Soin doit pouvoir gagner en élégance, en grâce et en précision. Il ne s’agit pas ici de balayer d’un revers de main les démarches existantes mais d’être capable de nous autoriser à un système critique qui permettrait de libérer notre pensée professionnelle ; lui offrir des ouvertures et des possibles pour augmenter notre art en termes d’émotion, d’intuition, d’imaginaire et de créativité. La grâce et la rigueur ne sont pas antinomiques.

Vers une nouvelle clinique critique infirmière

Infirmière aidant une personne agée

Selon Christophe Pacific, « un enseignement au tour de la microscopie du soin propose ainsi un nouveau focus, une nouvelle clinique qui se fonde sur l’attention et l’intensité du moment présent. »

La pensée critique infirmière n’est pas encore enseignée dans nos instituts de formation aux métiers de la santé (IFMS) pourtant, il s’agit là d’une arme puissante d’évolution d’une profession. Elle est cette lumière de vigilance qui doute à toutes les étapes de la démarche de soin et sur son bien-fondé. La pensée critique permet en effet des réajustements et des réorientations complètes de la démarche, elle imagine des plans B et permet de ne pas se paralyser sur un plan A qui s’avèrerait insuffisant. Le doute est un mouvement qui ouvre le champ des possibles quand la certitude est figée et n’offre plus aucune autre alternative. Le doute a fait trop longtemps l’objet d’une représentation négative comme une déficience, un mal qui réside dans l’hésitation et la difficulté à se déterminer. Au contraire, le doute infirmier est un trésor de pensée créative qui n’a de cesse d’ouvrir des possibles à un accompagnement qui vise le souci d’autrui. Le doute professionnel se développe à partir de la capacité à s’étonner de l’ordinaire. Etre capable de voir ce qui nous est offert discrètement par le patient, toutes ces petites choses microscopiques qui le constituent et qui sont autant de détails cliniques propres à augmenter la compréhension soignante.

Promouvoir une pensée critique infirmière c’est provoquer des remises en question sévères même si je ne suis pas certain que nous soyons prêts à accueillir des empêcheurs de tourner en rond... Il suffit de voir comment sont accueillis les étudiants qui osent proposer de nouvelles prises en charge quand certaines sont sclérosées depuis 20 ans ou plus… Qu’à cela ne tienne ! Nous savons que nous préférons quelques fois nos vieilles douleurs de fonctionnement plutôt que de tenter un changement qui nous projetterait dans l’inconnu. La peur de cet inconnu paralyse les systèmes et il faut parfois rompre l’habitude pour tenter de nouveaux possibles.

Commençons par bousculer et proposer l’insuffisance de cette grande vérité que l’on enseigne depuis maintenant plus de trente ans.

Le doute infirmier est un trésor de pensée créative qui n’a de cesse d’ouvrir des possibles à un accompagnement qui vise le souci d’autrui.

Une clinique évolutive de la micro à la macroscopie

Depuis trente ans, la démarche holistique nous oblige à construire la personne comme un système composé de toutes ses dimensions physiques, affectives, cognitives, sociales et spirituelles. Alors certes, cette idée du Tout n’est pas inintéressante en soi pour soigner notre patient, mais en courant après le Tout, ne risque-t-on pas de louper l’essentiel, le détail déterminant pour lequel notre intuition, notre sens du Soin se forment au grès des expériences ? Prenez un jeune homme récemment atteint de tétraplégie incomplète. La seule découverte de la mobilité intentionnelle de quelques millimètres d’un orteil va déclencher des émotions positives qui seront autant de leviers pour progresser ensemble dans la démarche de soins. L’infirmier qui sera capable de voir cette microscopie du soin sera capable de soulever des montagnes.

En courant après le Tout, ne risque-t-on pas de louper l’essentiel, le détail déterminant… ?

La microscopie du soin

Cette clinique prend le contrepied d’une démarche globale et traite d’un regard clinique essentiel qui cherche à traquer les menus détails chers à Marie-Claude Vallejo1 dans son Ehique au cœur des petites choses. Il s’agit ici de capter l’éphémère, de saisir le moment opportun où les mâchoires se serrent en silence pour contenir une douleur et répondre au plus tôt de la présence soignante, a contrario d’apercevoir une ride qui nait sur un coin d’œil plissé et qui peut évoquer un sourire contenu et qui mérite d’être vu pour être partagé. Ne pas se satisfaire du grand Tout et viser son contraire pour augmenter notre champ de conscience, changer nos habitudes et accorder au millimètre sa grandeur quand il conditionne un nouveau possible, voilà bien une dimension paradoxale et essentielle au regard soignant. Un enseignement au tour de la microscopie du soin propose ainsi un nouveau focus, une nouvelle clinique qui se fonde sur l’attention et l’intensité du moment présent. Il s’agit aussi de permettre aux émotions un droit de cité professionnel. Rendre au soignant la légitimité de s’émouvoir encore de ces petites choses qui nous rendent éminemment humains.

Une clinique du signe

Par exemple, prendre le soin d’examiner une [...]

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La loi du 18 novembre 2016 autorise les actions de groupe pour lutter contre les discriminations. La CGT annonce lancer une première tentative, à l’encontre du groupe Safran, pour discrimination syndicale. Mais les conditions d’application sont si restrictives que les cas ne devraient pas pulluler.

C’est une première. En espérant que ce ne soit pas une des dernières. La CGT a annoncé ce matin la toute première action de groupe liée aux discriminations au travail en France. Elle vise Safran, grand groupe industriel spécialisé dans l’aéronautique, la défense et la sécurité. Le problème est qu’en matière de défense et de sécurité des employés discriminés, la procédure de « class action » à la française est si complexe, qu’elle pourrait en décourager beaucoup.

Ce premier dossier en rapport avec la loi du 18 novembre 2016 (dite de « modernisation de la justice du XXIe siècle ») touche aux discriminations syndicales, et ce n’est pas un hasard. D’abord parce que la loi prévoit que ce sont les syndicats qui doivent porter ce type d’action. Or ce sont les discriminations qu’ils connaissent le mieux. Ensuite parce que, historiquement, c’est par la discrimination syndicale que s’est construite la jurisprudence sur les discriminations. Enfin parce que c’est la plus simple à démontrer : il y a un avant et un après-mandat.

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