Presse médicale
Il y a 6 jours
Facteurs de risque de kératites infectieuses chez les porteurs de lentilles de contact, une étude cas-témoins

Publication date: Available online 18 March 2017
Source:Journal Français d'Ophtalmologie
Author(s): P.H. Becmeur, F. Abry, T. Bourcier, N. Meyer, A. Sauer
IntroductionLes kératites infectieuses (KI) sous lentilles de contact (LdC), bien que rares, sont une préoccupation majeure des ophtalmologistes et représentent un coût important pour la société. Leur prévention par une meilleure information portant sur les facteurs de risque notamment en matière d’hygiène et de mode d’utilisation paraît nécessaire. Cette étude multicentrique avait pour objectif de mettre en évidence les facteurs de risque d’apparition de KI sous LdC.Matériel et méthodeUne étude multicentrique rétrospective, de type cas-témoins a été réalisée avec un groupe de patients atteints de KI sous LdC comparé à un groupe de porteurs témoins grâce à un questionnaire anonyme de 52 items portant sur les données suivantes : démographie, motif et caractéristiques du port, type de lentilles, solution de désinfection, adaptation, formation et information du patient, hygiène et entretien des lentilles et antécédents du patient. Une régression logistique univariée a été effectuée pour comparer ces 2 groupes.RésultatsL’étude a inclus 497 patients dans le groupe cas et 364 témoins. Les facteurs de risque avec les plus importants odds ratios de KI sous LdC étaient les suivants : le port nocturne continu (OR=2,96 [1,65–5,33], p0,001) ou intermittent (OR=6,37 [4,55–8,90], p0,001), l’adaptation par un opticien (OR=1,97 [1,38–2,83], p0,001), l’absence totale de consultation d’un ophtalmologiste (OR=6,56 [2–22], p0,01) ou l’absence d’apprentissage au maniement (OR=4,47 [2,27–8,77], p0,01), l’utilisation de produits de désinfection blancs (marques d’opticiens) (OR=5,55 [3,12–9,85], p0,001), le mélange de solutions (top off) (OR=4,68 [2,73–8,04], p0,001), l’absence de remplacement du boîtier (OR=3,95 [2,28–6,82], p0,01), la non-observance des règles d’hygiène et le tabagisme (OR=2,29 [1,67–3,14], p0,01). Les facteurs protecteurs de KI les plus importants étaient le sexe féminin (OR=0,49 [0,36–0,66], p0,01), l’hypermétropie (OR=0,28 [0,16–0,48], p=0,01), le port de lentilles rigides, l’adaptation par un ophtalmologiste, l’information orale et écrite et l’entretien quotidien du boîtier.ConclusionLa connaissance de ces facteurs impliquent d’agir à tous les niveaux, pour diminuer l’incidence des KI, du prescripteur au patient en passant par le type de LdC, le boîtier ou la solution d’entretien.PurposeCurrently, the most feared complication by ophthalmologists of contact lens (CL) wear is microbial keratitis (MK), even though its incidence remains low. It is also a significant financial burden for society. This study aimed to identify the risk factors for CL-related MK especially with regard to hygiene and pattern of use, in a large, prospective, multicenter, case-control study.MethodsA multicenter retrospective case-control study was designed. The CL-related MK subpopulation (case) was compared with healthy CL wearers (control) using a 52-item anonymous questionnaire designed to determine subject demographics, lens wear history, lens type and disinfection solution, fitting, patient education, hygiene and maintenance of contact lenses, and patient history. Univariate logistic regression analysis was performed to compare both groups.ResultsThe study included 497 cases and 364 controls. The risk factors associated with the greatest increased odds of CL-related MK were as follows: extended wear (OR=2.96 [1.65–5.33], P0.001), occasional overnight lens use (OR=6.37 [4,55–8.90], P0.001), fitting by an optician (OR=1.97 [1.38–2.83], P0.001), absence of ophthalmologic exam (OR=6.56 [2–22], P0.01) or no training in handling the contact lens (OR=4.47 [2.27–8.77], P0.01), use of optician's disinfection solution (OR=5.55 [3.12–9.85], P0.001), mixing solutions (“topping off”) (OR=4.68 [2.73–8.04], P0.001), no case replacement (OR=3.95 [2.28–6.82] P0.01), no compliance with hygiene rules and smoking (OR=2.29 [1.67–3.14], P0.01). The protective factors associated with the greatest reduction in OR were female gender (OR=0.49 [0.36–0.66], P0.01), hypermetropia (OR=0.28 [0.16–0.48], P=0.01), rigid contact lens wear, fitting by an ophthalmologist, written and verbal instruction, and daily case maintenance.ConclusionThe knowledge of these risks factors incentivizes action at all levels to reduce the incidence of MK, from the prescr[...]

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Santé Environnement

Bruxelles, le 15 mars 2017 - Pour IEW et l'association européenne Alliance pour la santé et l'environnement (HEAL), la décision de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) selon laquelle le glyphosate n'est pas cancérigène suscite de graves inquiétudes pour la santé et l'environnement et constitue une déception majeure pour les acteurs de la santé environnementale []] .

L'avis du Comité pour l'évaluation des risques de l'ECHA contredit celui du centre international de recherche contre le cancer (CIRC), qui a classé le glyphosate comme « cancérogène probable » en 2015. Pour Génon K. Jensen, directrice exécutive de HEAL, la décision d'aujourd'hui est un recul pour la prévention du cancer : « Nous nous attendions à ce que dans le futur, la décision du CIRC soit reconnue comme étant la plus pertinente. Toujours est-il que l'Europe s'apprête à donner le feu vert au glyphosate le feu vert et la santé publique perdra une occasion importante pour la prévention du cancer. Les taux de cancer peuvent être réduits en retirant des produits chimiques dangereux du marché ».

L'avis de l'ECHA n'est pas facile à comprendre. Mme Jensen poursuit : « le CIRC est la référence internationale pour l'évaluation des substances cancérigènes. Il est incompréhensible que les institutions de l'UE arrivent à un résultat aussi radicalement différent : le comité de l'ECHA n'a même pas donné au glyphosate le classement d'un « carcinogène possible ». C'est le genre de contradiction qui nourrit les soupçons du public quant à la fiabilité des opinions des agences scientifiques de l'UE ».

L'opinion du CIRC se base notamment sur sept études qui ont montré une incidence tumorale significativement accrue chez les rats et les souris après que le glyphosate leur a été administré. Toutefois, les résultats de l'ECHA n'ont pas été complètement inattendus, étant donné que les avis précédents de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) avaient tous deux rejeté les éléments de preuves contenus dans ces sept études. Des critiques ont été formulées à propos de ce rejet, notamment par Peter Clausing dans le document “The Carcinogenic Hazard of Glyphosate [2]]” . L'évaluation de l'ECHA, tout en reconnaissant l'augmentation limitée d'incidence des tumeurs de manière souffre des mêmes problèmes d'analyse que l'EFSA et le BfR pour parvenir à la conclusion qu'elles ne constituent pas une preuve suffisante de cancérogénicité.

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