Presse médicale
Il y a 2 mois
L’activation comportementale : un outil simple et efficace dans le traitement de la dépression

Publication date: Available online 18 April 2017
Source:L'Encéphale
Author(s): C. Dondé, R. Moirand, A. Carre
IntroductionL’un des enjeux actuels dans la prise en charge de la dépression est de disposer de traitements efficaces et peu coûteux. L’activation comportementale (AC) est une technique psychothérapeutique recommandée dans le traitement de la dépression.Objectifs de l’étude(i) Détailler les bases théoriques de l’AC et ses modalités d’utilisation thérapeutique. (ii) Proposer une revue systématique de littérature concernant les essais contrôlés randomisés impliquant l’AC dans la dépression.MéthodesLes bases de données PubMed et ClinicalTrials ont été explorées avec les mots-clés suivant : (« behavioral activation » OR « behavioural activation ») AND (« therapy » OR « psychotherapy »). (i) Les articles expliquant les concepts théoriques et pratiques de l’AC ont été sélectionnés. (ii) Les essais cliniques randomisés étudiant l’impact de l’AC dans la dépression ont été sélectionnés selon les critères PRISMA.Résultats(i) Les principes de l’AC sont d’augmenter l’engagement dans des activités associées à un sentiment de plaisir et/ou de maîtrise de la tâche à accomplir, et de diminuer l’engagement dans des comportements qui maintiennent les affects négatifs ou qui en augmentent les risques. Réactualisée par la troisième vague des TCC, l’AC a été enrichi par des interventions valorisant les valeurs personnelles du patient par les comportements à accomplir. L’AC est une thérapie brève, peu coûteuse, pouvant être évaluée et optimisée à l’aide d’outils psychométriques spécifiques. (ii) L’effet bénéfique de l’AC a été démontré dans le traitement de différentes formes cliniques de dépression avec des tailles d’effets importantes : efficacité supérieure aux conditions « liste d’attente » (d=−0,87 [IC95 % : −1,10 à −0,64], p5×10−4), « traitement usuel de la dépression » (d=−0,78 [IC95 % : −1,13 à −0,43], p5×10−4), « psychothérapie placebo » (d=−0,34 [IC95 % : −0,64 à −0,05], p0,05) et « médicament antidépresseur » (d=−0,42 [IC95 % : −0,83 à −0,00], p0,05).ConclusionL’AC est un traitement simple et efficace dans la dépression, même si les données actuelles ne permettent pas de démontrer une influence significative de l’ajout d’interventions centrées sur les valeurs à l’AC classique. L’inhibition comportementale étant un symptôme transnosographique en psychiatrie, des études supplémentaires sont nécessaires pour explorer les pleines potentialités d’application de l’AC.IntroductionMajor depressive disorder (MDD) is a debilitating disorder, and its treatment often requires complex and costly psychological therapies. Behavioral activation (BA) is a simple, effective and affordable psychotherapy recommended in the treatment of MDD.Objectives(i) Explain the theoretical basis of BA and its application in clinical practice. (ii) Review the randomized controlled trials examining BA as a treatment for MDD through a systematic search of the existing literature.MethodsMedline and ClinicalTrials databases were searched with the following keywords: (“behavioral activation” OR “behavioural activation”) AND (“therapy” OR “psychotherapy”). (i) Articles describing BA's theoretical foundations and principles of therapy were selected. (ii) Randomized controlled trials studying BA as a treatment for depression were selected according to the PRISMA criteria.Results(i) BA is a behavioral therapy that helps patients to increase their behaviors towards rewarding and/or pleasant activities, and to decrease avoidant behaviors maintaining negative affects by negative reinforcement. BA also tends to increase behaviors towards life-goals used as positive reinforcement contingencies. BA is a brief and cost effective therapy, which can be evaluated by specific psychometric scales. (ii) BA has a strong therapeutic effect in MDD as evaluated by several randomized controlled trials of good quality.ConclusionBA is a simple, affordable and effective treatment for MDD.[...]

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Volume 38, Issue 1, March 2017, Pages 34–38, pdf.

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Revue : Motricité Cérébrale : Réadaptation, Neurologie du Développement

Site de l'éditeur : www.sciencedirect.com.

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En raison de ses infrastructures, de la bonne formation des médecins et du coût raisonnable des soins, les étrangers sont de plus en plus nombreux à venir se soigner en Tunisie. Si la majorité sont des Libyens, victimes de la guerre, beaucoup viennent de pays d’Afrique subsaharienne, en manque d’offre de soins pour certaines pathologies lourdes, ou encore d’Europe, attirés par la chirurgie esthétique bon marché. C’est ainsi que la Tunisie est devenue, en termes de volume, la première destination de tourisme médical en Afrique, générant un revenu de presque un milliard de dinars (450 millions d'euros). Selon une étude réalisée par la Banque africaine de développement, en 2013, près de 38[...]

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Bruxelles, le 15 mars 2017 - Pour IEW et l'association européenne Alliance pour la santé et l'environnement (HEAL), la décision de l'Agence européenne des produits chimiques (ECHA) selon laquelle le glyphosate n'est pas cancérigène suscite de graves inquiétudes pour la santé et l'environnement et constitue une déception majeure pour les acteurs de la santé environnementale []] .

L'avis du Comité pour l'évaluation des risques de l'ECHA contredit celui du centre international de recherche contre le cancer (CIRC), qui a classé le glyphosate comme « cancérogène probable » en 2015. Pour Génon K. Jensen, directrice exécutive de HEAL, la décision d'aujourd'hui est un recul pour la prévention du cancer : « Nous nous attendions à ce que dans le futur, la décision du CIRC soit reconnue comme étant la plus pertinente. Toujours est-il que l'Europe s'apprête à donner le feu vert au glyphosate le feu vert et la santé publique perdra une occasion importante pour la prévention du cancer. Les taux de cancer peuvent être réduits en retirant des produits chimiques dangereux du marché ».

L'avis de l'ECHA n'est pas facile à comprendre. Mme Jensen poursuit : « le CIRC est la référence internationale pour l'évaluation des substances cancérigènes. Il est incompréhensible que les institutions de l'UE arrivent à un résultat aussi radicalement différent : le comité de l'ECHA n'a même pas donné au glyphosate le classement d'un « carcinogène possible ». C'est le genre de contradiction qui nourrit les soupçons du public quant à la fiabilité des opinions des agences scientifiques de l'UE ».

L'opinion du CIRC se base notamment sur sept études qui ont montré une incidence tumorale significativement accrue chez les rats et les souris après que le glyphosate leur a été administré. Toutefois, les résultats de l'ECHA n'ont pas été complètement inattendus, étant donné que les avis précédents de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) avaient tous deux rejeté les éléments de preuves contenus dans ces sept études. Des critiques ont été formulées à propos de ce rejet, notamment par Peter Clausing dans le document “The Carcinogenic Hazard of Glyphosate [2]]” . L'évaluation de l'ECHA, tout en reconnaissant l'augmentation limitée d'incidence des tumeurs de manière souffre des mêmes problèmes d'analyse que l'EFSA et le BfR pour parvenir à la conclusion qu'elles ne constituent pas une preuve suffisante de cancérogénicité.

Le manque de transparence dans le processus de classification des agences européennes est de plus en plus préoccupant. Une lettre conjointe (http://env-health.org/IMG/pdf/open_letter_to_echa_06032017.pdf) adressée à la Commission par Greenpeace, HEAL et de nombreux autres groupes a souligné que le comité de l'ECHA utilisait des « preuves scientifiques non publiées et fournies par l'industrie pour formuler ses avis » en plus des études publiées dans des revues à comité de lecture.

La lettre exprimait également des préoccupations au sujet des conflits d'intérêts de certains membres du comité d'experts de l'ECHA. « Nous vous demandons respectueusement d'appliquer et d'améliorer les politiques de l'ECHA pour préserver son indépendance vis-à-vis de l'industrie et la transparence de son travail », précise la lettre.

En février 2017, le Commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, Vytinis Andriukeitas, a également exprimé ses préoccupations et a suggéré qu'une réforme pourrait être nécessaire. Selon le procès-verbal d'une réunion de la Commission européenne [3]], il a déclaré : « Le principal problème, selon lui, est le manque de confiance du public dans la science et le sentiment que l'Europe ne les protége pas suffisamment des effets de certaines substances chimiques ». Le procès-verbal indique également qu'Andriukeitas a estimé que cela impliquait « une réforme des agences de l'UE chargées de fournir la base scientifique de ces décisions et de leurs procédures pour les rendre plus transparentes ».

Cette décision est d'autant plus inattendue que les éléments de preuves à charge du glyphosate continuent de s'accumuler. Très récemment, une étude sur les rats a montré qu'[...]

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L'avis de l'ECHA n'est pas facile à comprendre. Mme Jensen poursuit : « le CIRC est la référence internationale pour l'évaluation des substances cancérigènes. Il est incompréhensible que les institutions de l'UE arrivent à un résultat aussi radicalement différent : le comité de l'ECHA n'a même pas donné au glyphosate le classement d'un « carcinogène possible ». C'est le genre de contradiction qui nourrit les soupçons du public quant à la fiabilité des opinions des agences scientifiques de l'UE ».

L'opinion du CIRC se base notamment sur sept études qui ont montré une incidence tumorale significativement accrue chez les rats et les souris après que le glyphosate leur a été administré. Toutefois, les résultats de l'ECHA n'ont pas été complètement inattendus, étant donné que les avis précédents de l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) et de l'Institut fédéral allemand d'évaluation des risques (BfR) avaient tous deux rejeté les éléments de preuves contenus dans ces sept études. Des critiques ont été formulées à propos de ce rejet, notamment par Peter Clausing dans le document “The Carcinogenic Hazard of Glyphosate [2]]” . L'évaluation de l'ECHA, tout en reconnaissant l'augmentation limitée d'incidence des tumeurs de manière souffre des mêmes problèmes d'analyse que l'EFSA et le BfR pour parvenir à la conclusion qu'elles ne constituent pas une preuve suffisante de cancérogénicité.

Le manque de transparence dans le processus de classification des agences européennes est de plus en plus préoccupant. Une lettre conjointe (http://env-health.org/IMG/pdf/open_letter_to_echa_06032017.pdf) adressée à la Commission par Greenpeace, HEAL et de nombreux autres groupes a souligné que le comité de l'ECHA utilisait des « preuves scientifiques non publiées et fournies par l'industrie pour formuler ses avis » en plus des études publiées dans des revues à comité de lecture.

La lettre exprimait également des préoccupations au sujet des conflits d'intérêts de certains membres du comité d'experts de l'ECHA. « Nous vous demandons respectueusement d'appliquer et d'améliorer les politiques de l'ECHA pour préserver son indépendance vis-à-vis de l'industrie et la transparence de son travail », précise la lettre.

En février 2017, le Commissaire européen pour la santé et la sécurité alimentaire, Vytinis Andriukeitas, a également exprimé ses préoccupations et a suggéré qu'une réforme pourrait être nécessaire. Selon le procès-verbal d'une réunion de la Commission européenne [3]], il a déclaré : « Le principal problème, selon lui, est le manque de confiance du public dans la science et le sentiment que l'Europe ne les protége pas suffisamment des effets de certaines substances chimiques ». Le procès-verbal indique également qu'Andriukeitas a estimé que cela impliquait « une réforme des agences de l'UE chargées de fournir la base scientifique de ces décisions et de leurs procédures pour les rendre plus transparentes ».

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