Presse médicale
Il y a 8 jours
Point sur l’épidémiologie des mycétomes au Sénégal

Publication date: September 2017
Source:Journal de Mycologie Médicale / Journal of Medical Mycology, Volume 27, Issue 3
Author(s): Aida Sadikh Badiane, Khadim Diongue, Mouhamadou Ndiaye, Mame Cheikh Seck, Thérèse Dieng, Daouda Ndiaye
IntroductionLes mycétomes sont des processus pathologiques au cours desquels des agents fongiques ou actinomycosiques d’origine exogène produisent des grains. Ce sont des affections qui touchent particulièrement les populations pauvres dans les régions tropicales sèches mais l’incidence n’est pas connue.Depuis 2016, les mycétomes sont classés sur la liste des maladies tropicales négligées par l’OMS. En effet il s’agit de maladies qui sont négligées sur tous les plans, il n’existe pas de test diagnostic de pointe, ni de données de prévalence, à cela s’ajoute un traitement qui n’est pas codifié avec beaucoup d’échec, très peu d’étude de recherche, le mode de contamination reste d’ailleurs toujours incertain. Le diagnostic repose sur des moyens encore classiques qui sont l’examen direct macroscopique et microscopique et la culture des grains, ce qui ne donne pas une bonne sensibilité et ne permet pas toujours de poser avec certitude l’origine fongique ou actinomycosique qui détermine la démarche thérapeutique.C’est une maladie chronique dont l’évolution peut prendre plusieurs années. Les mycétomes sont stigmatisants, invalidants et touchent les tranches d’âge actives et particulièrement les hommes.ObjectifsRecenser et cartographier le nombre de cas de mycétomes diagnostiqués au CHNU Le Dantec sur une période de 20 ans.MéthodologieLes cas ont été diagnostiqués par examen macroscopique et microscopique direct et culture des grains sur milieu de Sabouraud additionné ou non d’antibiotiques pour les agents fongiques et sur milieu de Loweinsten Jensen pour les agents actinomycosiques.RésultatsAu total, 338 cas de mycétomes ont été diagnostiqués de 1993 à 2016 à l’hôpital Aristide Le Dantec. La majorité des cas diagnostiqués au laboratoire sont dus aux agents fongiques soit 63 % et ce sont surtout les agents présentant des grains noirs qui sont plus représentés, l’espèce prédominante était Madurella mycetomatis. Les agents actinomycosiques représentaient 24 % des cas et Actinomadura pelletieri était majoritaire. Pour 1[...]

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Je suis terrifié par ce que le corps médical a fait de la douleur. Le scoop remonte aux années 1990. « Plus personne ne doit souffrir ! ». Les gens se sont fait déposséder de leur douleur, l’ont apportée chez le médecin. Dans l’attente, confiants, qu’il la réduise en cendres. Quelques traces auraient été gardées entre les pages d’un carnet médical, en souvenir, et afin de pister ses éventuelles renaissances. Les gens seraient repartis entièrement allégés d’un énorme poids… le poids de la vie ? Et derrière elle, dans l’ombre, le spectre de la mort ? Celui qui ajoute l’insupportable douleur morale à la douleur physique. Ma mort, jugement moral de ma vie…

Qu’est-ce que la douleur physique ? Une information essentielle à notre organisme. Lien entre ses premiers étages d’organisation, la biologie, et les suivants jusqu’au contrôle central le plus élevé, la conscience. Pour un fonctionnement optimal, la physiologie doit rester dans une fourchette de stabilité. Les signaux avertisseurs assurent une réponse correcte aux incidents, accidents, agressions extérieures, dont le cerveau est prévenu par ses terminaisons sensorielles. La douleur fait partie des alertes les plus simples. On l’évalue couramment avec une échelle graduée de 1 à 10. Information surtout quantitative, certes, mais ses aspects qualitatifs existent : la douleur a différentes « saveurs », provient d’endroits différents, renseigne par son évolution. Grossière tout de même comparée aux sons et images traduites par les langages en un véritable univers conceptuel, la douleur est une information facile à rendre efficace. Le plus fruste des animaux en est capable. Même un organisme dépourvu de cerveau sait utiliser la douleur pour améliorer sa survivance. La douleur est l’un des signaux les plus décisionnaires dans le comportement, quand une foule d’aiguillages se présentent incessamment. Davantage qu’empêchement d’agir, elle est sélecteur de l’agir. Elle contribue à structurer le comportement en une efflorescence de ramifications adaptée à la diversité des évènements. Elle augmente notre contrôle sur le monde à travers cet instrument incontournable : le corps. L’intégrité physique fait la justesse de nos informations, et facilite en retour celle de nos intentions. Se priver d’une information aussi essentielle que la douleur, à propos de notre intégrité, est poser des oeillères à nos intentions. Dans un cabinet médical, la transmettre à quelqu’un qui ne peut l’éprouver mais seulement la transposer sur une réglette graduée de 1 à 10, est un pur scandale en termes de communication. Seule la personne qui éprouve perçoit toute la palette de ses variations, selon d’infimes changements de posture, de tracé du mouvement, de changement d’habitudes, d’alternances, de réentraînements.

Déposséder les gens de leur douleur fut un exploit de marketing extraordinaire, comme il en existe peu dans l’histoire économique. Il faut espérer que ce n’était pas l’objectif des médecins initiateurs, mais les faits sont là. Une partie considérable de la population s’est mise à représenter ses sensations douloureuses, au lieu de les éprouver, et à apporter ces représentations au médecin, pour qu’il les interprète, un peu comme on montre des dessins scolaires au psy pour savoir ce qu’ils révèlent sur l’inconscient de leur auteur. Tout un marché de la représentation de la douleur s’est mis en place. Des adjectifs se disputent la célébrité ; la douleur est extrême, diffuse, insupportable, permanent[...]

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