Presse médicale
Il y a 7 jours
Suivi à 3 ans de la supplémentation en oligoéléments et vitamine C dans un centre lourd de dialyse traités par HDF on-line

Publication date: September 2017
Source:Néphrologie & Thérapeutique, Volume 13, Issue 5
Author(s): F. Berge, T. Baranger, P. Séniuta, C. Frangié, V. Drouillat, E. Rosier, S. Delfosse
IntroductionIl n’existe actuellement pas de recommandation consensuelle sur les supplémentations en oligoéléments et vitamine C chez les patients pris en charge en HDF. Notre centre propose systématiquement cette supplémentation à tous les patients.Patients et méthodesNous avions présenté en 2014 les résultats de notre protocole de supplémentation en zinc et sélénium. Les patients recevaient alors à chaque séance 1 ampoule de Zinc IV (10mg) et 1 ampoule de sélénium IV (100 microgrammes). Nous avions aussi dosé le taux de vitamine C qui s’était révélé extrêmement bas, au seuil scorbutique pour 64 % des patients. Notre protocole a depuis été modifié, les patients reçoivent deux fois par semaine un flacon de NUTRYELT IV perdialytique, et 1g de Laroscorbine IV. La quantité hebdomadaire de zinc (10 microg 2×/semaine au lieu de 3) et sélénium (75 microgrammes 2×/semaine au lieu de 3) était donc moindre, permettant des économies importantes sur ce poste, l’objectif de ce travail était de vérifier si ces modifications de pratique n’avaient pas d’incidence sur les dosages sériques. Tous les dosages ont été réalisés en juin 2016 sur 80 patients de centre lourd comme lors de la 1re étude par le laboratoire de biochimie de nutrition du CHU de Toulouse (Dr Periquet) et le coût intégralement pris en charge par notre association de recherche clinique ABORD.RésultatsLes dosages confirment une normalisation des taux de vitamine C : moyenne 10,22mg// (N10), et des taux de zinc corrects 12,4micromol/L (normale : 10,7–16,9micromol/L) ainsi que les taux de sélénium 65,8 microgrammes/L (normale : 70–100 microgrammes/L).DiscussionLe changement de protocole a confirmé la correction des taux de vitamine C, et la stabilité des dosages sériques de zinc et sélénium.ConclusionCe protocole validant nos pratiques, la suite du travail se[...]

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Je suis terrifié par ce que le corps médical a fait de la douleur. Le scoop remonte aux années 1990. « Plus personne ne doit souffrir ! ». Les gens se sont fait déposséder de leur douleur, l’ont apportée chez le médecin. Dans l’attente, confiants, qu’il la réduise en cendres. Quelques traces auraient été gardées entre les pages d’un carnet médical, en souvenir, et afin de pister ses éventuelles renaissances. Les gens seraient repartis entièrement allégés d’un énorme poids… le poids de la vie ? Et derrière elle, dans l’ombre, le spectre de la mort ? Celui qui ajoute l’insupportable douleur morale à la douleur physique. Ma mort, jugement moral de ma vie…

Qu’est-ce que la douleur physique ? Une information essentielle à notre organisme. Lien entre ses premiers étages d’organisation, la biologie, et les suivants jusqu’au contrôle central le plus élevé, la conscience. Pour un fonctionnement optimal, la physiologie doit rester dans une fourchette de stabilité. Les signaux avertisseurs assurent une réponse correcte aux incidents, accidents, agressions extérieures, dont le cerveau est prévenu par ses terminaisons sensorielles. La douleur fait partie des alertes les plus simples. On l’évalue couramment avec une échelle graduée de 1 à 10. Information surtout quantitative, certes, mais ses aspects qualitatifs existent : la douleur a différentes « saveurs », provient d’endroits différents, renseigne par son évolution. Grossière tout de même comparée aux sons et images traduites par les langages en un véritable univers conceptuel, la douleur est une information facile à rendre efficace. Le plus fruste des animaux en est capable. Même un organisme dépourvu de cerveau sait utiliser la douleur pour améliorer sa survivance. La douleur est l’un des signaux les plus décisionnaires dans le comportement, quand une foule d’aiguillages se présentent incessamment. Davantage qu’empêchement d’agir, elle est sélecteur de l’agir. Elle contribue à structurer le comportement en une efflorescence de ramifications adaptée à la diversité des évènements. Elle augmente notre contrôle sur le monde à travers cet instrument incontournable : le corps. L’intégrité physique fait la justesse de nos informations, et facilite en retour celle de nos intentions. Se priver d’une information aussi essentielle que la douleur, à propos de notre intégrité, est poser des oeillères à nos intentions. Dans un cabinet médical, la transmettre à quelqu’un qui ne peut l’éprouver mais seulement la transposer sur une réglette graduée de 1 à 10, est un pur scandale en termes de communication. Seule la personne qui éprouve perçoit toute la palette de ses variations, selon d’infimes changements de posture, de tracé du mouvement, de changement d’habitudes, d’alternances, de réentraînements.

Déposséder les gens de leur douleur fut un exploit de marketing extraordinaire, comme il en existe peu dans l’histoire économique. Il faut espérer que ce n’était pas l’objectif des médecins initiateurs, mais les faits sont là. Une partie considérable de la population s’est mise à représenter ses sensations douloureuses, au lieu de les éprouver, et à apporter ces représentations au médecin, pour qu’il les interprète, un peu comme on montre des dessins scolaires au psy pour savoir ce qu’ils révèlent sur l’inconscient de leur auteur. Tout un marché de la représentation de la douleur s’est mis en place. Des adjectifs se disputent la célébrité ; la douleur est extrême, diffuse, insupportable, permanent[...]

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